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Un peu d'histoire

La Société des Carabiniers a été fondé en 1839. La dernière version des statuts fut rédigé en 1988 et vous pouvez regarder celle-ci ici.

Souvenirs de jeunesse au village de St-Aubin par Paul Collaud, dit « Caporal »

La plus ancienne société de village, les Carabiniers, fondée en 1839, a pour but de s’exercer à l’art du tir à la carabine, de défendre les biens communs et d’entretenir des liens d’amitié. La Suisse était une confédération de cantons souverains qui devaient assurer eux-mêmes leur propres sécurité.


Un contingent d’hommes entraînés devait toujours être prêts à faire face à toutes les situations. Ce fut donc une des raisons qui avait favorisé la fondation de cette société, dont les St-Aubinois sont si fiers et y sont si solidement attachés.

Pour être membre il faut avoir 17ans révolus, être bourgeois et avoir des qualités morales requises selon l’art. 3 : l’honneur, la vertu, la soumission.

Parmi les 21 membres fondateurs, on retrouve 15 Collaud, 1 Perriard, 2 Ramuz, 1 Beaud, 1 Quillet et 1 Guerry.

Ce n’est que bien plus tard que la société décida d’acheter l’Hôtel de Ville, aujourd’hui devenu Hôtel-Restaurant des Carabiniers.

Le gérant de cet établissement devait fournir le vin pour sa clientèle et c’était avec char et chevaux qu’il devait aller chercher sa marchandise dans les vignobles vaudois.

Chaque année, un grand banquet réunissait tous les membres, précédé le samedi par un traditionnel tir au fusil au stand de la Léchère. Selon la tradition, le tenancier des Carabiniers était tenu d’offrir à la société un grand banquet dont la clause était inscrite dans le contrat de location. Cette importante réunion donnait l’occasion à nos bourgeois du dehors de retrouver la parenté et aussi d’inviter des personnalités de marque, comme le préfet de notre district ou un membre du Conseil d’Etat.

Cette traditionnelle fête réunissait parfois plus de 200 personnes. Le repas se déroulait selon le rite bien connu : les bons plats succédaient aux discours et les discours aux bons plats, le bon vin coulant à flot.

Je me souviens de plusieurs personnalités : notre préfet de la Broye M .Duruzqui venait souvent à cheval ; très souvent j’ai entendu les éloquents discours de M. Paul Torche, lorsqu’il était à notre gouvernement à Fribourg. Lorsque le Président du gouvernement ne pouvait être parmi nous, il envoyait un représentant pour nous apporter le salut du gouvernement, nous informer et nous renseigner sur l’évolution de la politique cantonale.

Le colonel Collaud, qui fut vétérinaire en chef de notre armée durant la dernière guerre, noua a aussi fait l’honneur de sa présence ainsi que le colonel André Dessibourg cousin de Louisa, épouse de Julien. A l’occasion de ce banquet, on fêtait aussi le roi du tir qui s’était distingué la veille : celui qui avait le meilleur résultat recevait le félicitations de nombreuses personnes et des encouragements très divers.

Pour la participation au banquet, chaque membre recevait 4 jetons de présence, ce qui représentait quatre fois un demi-litre de vin. Lors de l’accompagnement d’un membre à sa dernière demeure, au fond de l’église, un membre du comité distribuait à chaque participant un jeton, valeur d’un litre de vin. Mais malheureusement, il n’en ait plus ainsi.

Tout au début, cet Hôtel des Carabiniers avait une grange et une écurie qui étaient tenues par le gérant de l’Hôtel. Celui-ci cultivait également un domaine agricole.

Vers 1934, de grands travaux eurent lieu : la construction de la grande salle immense et très haute. C’est vers 1956 que la suppression du rural a été effectuée.

En 1939, nous avons fêté le centenaire de cette magnifique société. Comme d’habitude, avec de très nombreux invités : le autorités religieuses, civiles mais aussi militaires.

L’organisation de cette fête était parfaite : le matin, un service religieux pour avoir une pensée à nos disparus, ensuite un cortège jusqu’à la grande salle où devait avoir lieu le grand banquet.

A cette occasion, je me trouvais engagé dans un groupe de gardes-suisse qui avait été formés pour la circonstance, avec les uniformes aux couleurs St-Aubinoises : jaune et vert.

C’est avec une très grande fierté que nous portions nos hallebardes. Notre chef était Albert Collaud (à Rigolo) qui par la suite devint garde-frontières. Le Président de l’époque était Alfred Quillet qui habitait dans la maison du magasin « Ducrot ».

Jules Dessibourg, son épouse et toute sa famille ont œuvrés de nombreuses années à cet Hôtel des Carabiniers. Ce fut ensuite Joseph Collaud (à Pillard), alors célibataire, qui reprit cet hôtel et qui par la suite, épousa la fille à Paul Ramuz distillateur, qui se nommait Simone. Ils furent plusieurs années restaurateurs de cet établissement qui était très bien géré.

En 1971, le comité était formé ainsi : président : Collaud Albin, vice-président : Collaud Conrad, secrétaire : Ramuz Francis, caissier : Collaud Robert, membres : Collaud Henri et Collaud Georges.

Au banquet officiel de cette année-là les invités étaient le Dr Aebischer président du gouvernement, M. le curé Cantin notre Curé, M. Roulin conseiller aux états de Fribourg, M. Paul Rossier syndic du village. Le major de table était Marius Dessibourg, le fils à Jules qui avait géré l’Hôtel des Carabiniers.

Au traditionnel banquet de 1974, le président était Collaud Léon à l’Etienne, l’aumônier Carrel Roger le fils de notre instituteur, le préfet du district de la Broye M. Guisolan et le major de table Collaud Alain, le fils de Marius Collaud instituteur à Russy.

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